23 et 24 septembre 2010 - 20h00 - Victoria Hall
OSR
Marek Janowski,direction
Radu Lupu, piano
Beethoven: Concerto pour piano no 5
Chostakovitch: Symphonie no 15
15e Symphonie de Chostakovitch
Les âges de la vie
Alors que la 14e Symphonie de Chostakovitch évoque la hantise de la mort (il reste au compositeur à peine six ans à vivre) la 15e et ultime affiche une certaine sérénité, malgré de graves moments de méditation.
L'œuvre retrace les différents temps de l'existence, le premier mouvement étant forcément consacré à l'enfance, telle qu'on l'idéalise toujours davantage au fil des années. C'est le monde de l'émerveillement, de la légèreté, des jouets; Chostakovitch y cite notamment le thème de la sonnerie de Guillaume Tell: quoi de plus annonciateur.
L'Adagio qui figure le second mouvement évoque le sort de l'homme, à l'aide du leitmotiv de la Tétralogie. Le ton n'est pas sans rappeler celui d'un choral et plusieurs déclamations élèvent des chefs de pupitres au rang de solistes.
Noté Allegretto, le 3e mouvement s'installe dans un registre typique de Chostakovitch, celui de l'ironie mordante; c'est la clarinette qui, en un thème montant dodécaphonique est chargé de l'exprimer.
Pour l'ultime mouvement, le compositeur choisit l'Adagio, comme Tchaïkovski pour finale de la Pathétique. On y rencontre trois fois le Thème du Destin (second mouvement). Après l'apparition d'une mélodie de caractère populaire, l'on aboutit au paroxysme d'un fortissimo auquel succède une coda d'une grande délicatesse: sans doute l'évocation de la sérénité.
La 15e Symphonie fut créée en 1972 à Moscou sous la direction du fils du compositeur.
Déjà paru:
16 juin 2010


